
Je n'ai plus mes règles : faut-il s'inquiéter, quand consulter ?
L'aménorrhée désigne l'absence de règles chez une femme en âge d'en avoir. Elle est parfois normale, par exemple pendant une grossesse, mais elle mérite un avis médical dans certaines situations précises.
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L’aménorrhée, c’est-à-dire l’absence de règles chez une femme en âge d’en avoir, est parfois tout à fait normale et parfois le signe d’un problème qu’il faut chercher. Devant des règles qui ne viennent pas, le premier réflexe est de penser à une grossesse et de faire un test. Si ce n’est pas la cause, c’est la durée de l’absence, votre âge et les signes qui l’accompagnent qui indiquent s’il faut consulter. Cette page explique les deux grands types d’aménorrhée, les causes les plus courantes et les situations qui justifient un avis médical, sans poser de diagnostic : seul un professionnel qui vous examine peut le faire.
Qu’appelle-t-on aménorrhée ?
Le mot vient du grec et signifie « absence d’écoulement mensuel ». Selon Santé.fr, l’aménorrhée est l’absence d’écoulement menstruel chez une femme en âge d’avoir ses règles. Ce n’est pas une maladie : c’est un signe, qui peut avoir de nombreuses origines, à replacer dans l’ensemble des repères pour savoir quand consulter.
Dans certaines périodes de la vie, l’absence de règles est attendue, on parle d’aménorrhée physiologique :
- avant la puberté ;
- pendant la grossesse ;
- après la ménopause, c’est-à-dire quand les règles ont définitivement cessé.
Dans toutes les autres situations, l’absence de règles mérite d’être comprise. Cela ne veut pas dire qu’elle est grave, mais qu’elle a une cause, que l’on peut trouver et, si besoin, prendre en charge.
Aménorrhée primaire ou secondaire : comment les distinguer ?
Les médecins distinguent deux situations, qui n’ont ni les mêmes causes ni les mêmes examens.
L’aménorrhée primaire concerne une jeune fille dont les règles ne sont jamais apparues. Le seuil d’âge varie selon les sources, et il vaut mieux le dire clairement. Santé.fr et Vidal parlent d’absence de premières règles à 16 ans. Le Manuel MSD, ouvrage de référence destiné aux professionnels, retient 15 ans lorsque la croissance et les signes de puberté sont par ailleurs normaux. Il invite aussi à chercher une puberté retardée en l’absence de premières règles et de développement des seins à 13 ans. En pratique, on retient donc un repère de 15 à 16 ans selon les sources, avec un avis plus précoce si la puberté ne semble pas démarrer.
L’aménorrhée secondaire concerne une femme qui avait des règles et chez qui elles s’interrompent. Selon Santé.fr et Vidal, on parle d’aménorrhée secondaire lorsque les règles sont interrompues depuis plus de 3 mois. Le Manuel MSD précise que ce délai est de 3 mois quand les cycles étaient réguliers, et de 6 mois ou plus lorsque les règles étaient auparavant irrégulières.
| Aménorrhée primaire | Aménorrhée secondaire | |
|---|---|---|
| Situation | Règles jamais apparues | Règles qui s’arrêtent après avoir existé |
| Repère de temps | 15 à 16 ans selon les sources | Plus de 3 mois (6 mois ou plus si cycles irréguliers, selon le Manuel MSD) |
| Première piste à examiner | Retard de puberté | Grossesse |
| Premier réflexe | Consulter | Test de grossesse, puis consulter si l’absence se prolonge |
Mes règles ont disparu : pourquoi la grossesse est-elle la première hypothèse ?
Pour une femme en âge de procréer, la grossesse est la cause la plus fréquente d’aménorrhée secondaire, selon le Manuel MSD. C’est pourquoi le test de grossesse est le premier geste recommandé, avant toute autre recherche. Si vous êtes enceinte, le suivi de grossesse prend le relais. Si le test est négatif et que les règles ne reviennent pas, la recherche d’une autre cause commence.
Un point de vocabulaire explique une confusion fréquente. Quand on parle de grossesse, les médecins comptent en « semaines d’aménorrhée » (SA), à partir du premier jour des dernières règles. Les « semaines de grossesse » comptent à partir de la conception, et elles sont toujours de 2 de moins que les SA, rappelle Santé.fr. Le mot « aménorrhée » de ces semaines désigne donc seulement le point de départ du calcul, les dernières règles, et non un trouble. Pour le calcul d’une date, notre page sur le calcul de la grossesse et de la date d’accouchement détaille la méthode et ses limites.
Quelles sont les causes d’une aménorrhée ?
Les causes dépendent du type d’aménorrhée et de l’âge. Voici les repères que donnent les sources.
Chez la jeune fille (aménorrhée primaire). Selon Vidal, la première cause est le retard pubertaire : il peut être héréditaire, ou lié à une maladie grave ou à une anorexie. Les autres causes citées sont une malformation congénitale de l’utérus, une maladie génétique ou un problème hormonal. Ces situations se repèrent à l’examen et se précisent par des analyses, que le médecin prescrit au cas par cas.
Chez la femme réglée (aménorrhée secondaire). Plusieurs situations peuvent expliquer l’arrêt des règles :
- la grossesse, première cause à écarter ;
- l’allaitement, période pendant laquelle les règles peuvent tarder à revenir ;
- une contraception hormonale, notamment les contraceptifs à base de progestatif seul ;
- la ménopause ou une période qui la précède ;
- un déséquilibre hormonal, un facteur de stress important, une perte de poids marquée ou une activité physique très intense, souvent cités parmi les causes possibles.
La contraception mérite un mot à part. Selon le Manuel MSD, les contraceptifs contenant uniquement un progestatif (pilules, injections, implants, dispositifs intra-utérins) provoquent souvent des règles irrégulières ou une absence de règles. C’est un effet connu, pas forcément un problème, mais il est utile d’en parler avec votre médecin ou votre sage-femme pour savoir si cela correspond bien à ce qui est attendu avec votre méthode. Notre fiche sur la pilule Leeloo et les repères sur la contraception orale donne un exemple de ce type de discussion.
Quand consulter pour une absence de règles ?
La jauge ci-dessous résume les situations. Elle donne des repères généraux : en cas de doute, c’est le niveau supérieur qui s’applique.
Surveiller et attendre
- Règles en retard de peu, avec un test de grossesse négatif et un contexte qui l'explique (fatigue, changement de rythme)
- Absence de règles attendue : grossesse déjà suivie, ménopause installée, allaitement en cours
- Règles qui reviennent d'elles-mêmes
Consulter vite, sous 24 à 48 h
- Règles interrompues depuis plus de 3 mois chez une femme précédemment réglée, après un test de grossesse
- Test de grossesse positif sans suivi mis en place
- Pas de premières règles vers 15 à 16 ans selon les sources, ou développement de la puberté qui semble absent plus tôt
- Absence de règles accompagnée d'autres signes inhabituels qui vous inquiètent
Urgence : appeler le 15 ou le 112
- Douleur intense et brutale dans le ventre, surtout si une grossesse est possible
- Malaise, vertige important ou perte de connaissance
- Saignement très abondant
Les signes du niveau rouge ne sont pas propres à l’aménorrhée : ils justifient d’appeler le 15 ou le 112 quelle que soit la cause.
Comment se déroule la consultation ?
Le médecin commence par vous poser des questions : date des dernières règles, régularité des cycles avant l’arrêt, contraception utilisée, grossesse possible, allaitement, changements récents de poids, de rythme de vie ou de traitement. Ces informations orientent déjà beaucoup la suite. Préparer vos réponses avant le rendez-vous fait gagner du temps.
Le médecin vous examine ensuite et prescrit, si nécessaire, un test de grossesse ou des analyses. La nature des examens dépend de ce que révèle l’entretien : il n’existe pas de bilan unique valable pour toutes. La prise en charge dépend ensuite de la cause identifiée, comme le rappelle Vidal. Votre médecin peut aussi vous orienter vers un gynécologue ou une sage-femme, selon la situation.
Idées reçues sur l’absence de règles
« Pas de règles, c’est forcément que je suis enceinte. » La grossesse est la première hypothèse, mais pas la seule. Un test négatif ne clôt pas la question si les règles ne reviennent pas.
« Sous contraception, l’absence de règles est dangereuse. » Ce n’est pas le cas pour certaines méthodes : les contraceptifs à base de progestatif seul provoquent souvent des règles irrégulières ou une absence de règles, selon le Manuel MSD. Parlez-en à votre médecin pour confirmer que c’est bien l’explication.
« Cela passera tout seul. » C’est parfois vrai, mais une absence de règles qui se prolonge doit être expliquée. Attendre sans avis, c’est prendre le risque de retarder la découverte d’une cause qui se traite. Si vous ne savez pas à qui vous adresser en premier, le médecin généraliste est un bon point de départ, comme l’explique l’interview d’un médecin généraliste sur les raisons de consulter.
« Je suis jeune, ce n’est pas la peine d’en parler. » L’inverse est vrai : à l’adolescence, l’absence de premières règles vers 15 à 16 ans selon les sources est un motif de consultation. Plus tôt la cause est trouvée, mieux elle est prise en charge.
Ce qu’il faut retenir
- L’aménorrhée est l’absence de règles chez une femme en âge d’en avoir ; elle est normale avant la puberté, pendant la grossesse et après la ménopause.
- Elle est dite primaire si les règles ne sont jamais apparues (repère de 15 à 16 ans selon les sources), secondaire si elles s’arrêtent depuis plus de 3 mois chez une femme précédemment réglée.
- Face à des règles absentes, la grossesse est la première hypothèse : faites un test de grossesse d’abord.
- Les contraceptifs à base de progestatif seul peuvent supprimer ou perturber les règles, sans que ce soit forcément anormal.
- Consultez si l’absence se prolonge, si les premières règles tardent, ou en cas de grossesse sans suivi. Appelez le 15 ou le 112 devant une douleur intense et brutale, un malaise ou un saignement très abondant.
Les questions qu'on nous pose souvent
Que veut dire aménorrhée ?
Le mot désigne l'absence d'écoulement menstruel chez une femme en âge d'avoir ses règles. Elle peut être normale : avant la puberté, pendant la grossesse et après la ménopause, selon Santé.fr. Dans les autres situations, elle mérite d'être expliquée par un professionnel de santé.
Quelle est la différence entre aménorrhée primaire et secondaire ?
L'aménorrhée primaire correspond à des règles qui ne sont jamais apparues. Les sources françaises grand public retiennent l'absence de premières règles à 16 ans, le Manuel MSD retient 15 ans. L'aménorrhée secondaire désigne des règles qui s'interrompent chez une femme précédemment réglée, depuis plus de 3 mois selon Santé.fr et Vidal.
Mes règles ont du retard : suis-je enceinte ?
C'est la première hypothèse à vérifier, car la grossesse est la cause la plus fréquente d'absence de règles chez une femme en âge de procréer, selon le Manuel MSD. Un test de grossesse est le premier réflexe. S'il est négatif et que les règles ne reviennent pas, un avis médical est utile.
La pilule ou le stérilet peuvent-ils supprimer les règles ?
Oui. Les contraceptifs contenant uniquement un progestatif (pilules, injections, implants, dispositifs intra-utérins) provoquent souvent des règles irrégulières ou une absence de règles, selon le Manuel MSD. Ce n'est pas anormal en soi, mais en parler à votre médecin ou à votre sage-femme permet de s'en assurer.
Faut-il consulter si je n'ai pas eu mes premières règles ?
Oui, si elles ne sont pas apparues vers 15 à 16 ans selon les sources, ou plus tôt si le développement de la puberté semble absent. Santé.fr recommande de consulter en l'absence de règles à 16 ans. La consultation permet de chercher la cause, qui est le plus souvent un retard pubertaire.
Une absence de règles peut-elle venir du stress ou du sport ?
Le stress, une perte de poids importante ou une activité physique intense font partie des facteurs souvent évoqués pour expliquer des règles qui s'arrêtent. Seul un médecin peut dire si c'est le cas pour vous, après avoir écarté les autres causes. Ne conclure qu'à une cause passagère sans avis médical retarde parfois un diagnostic utile.