
Constipation : quand faut-il consulter et que faire ?
Des selles rares, dures ou difficiles à évacuer peuvent traduire une constipation. Des mesures simples et des traitements existent, mais certains symptômes demandent un avis médical rapide.
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La constipation correspond souvent à des selles trop rares, dures ou difficiles à évacuer. Elle est fréquente chez l’adulte et n’est pas toujours grave. Mais si elle apparaît récemment, dure, ou s’accompagne d’une douleur intense, de sang dans les selles ou d’un amaigrissement, consultez.
Il n’existe pas une seule « bonne » fréquence de selles. Certaines personnes vont naturellement moins souvent à la selle que d’autres sans être constipées. Ce qui compte aussi est le changement par rapport à votre fonctionnement habituel, la difficulté à évacuer et la gêne ressentie.
Pour mieux situer vos symptômes digestifs, vous pouvez aussi consulter notre dossier sur le ventre et la digestion.
Comment reconnaître une constipation ?
La définition grand public de la constipation repose sur des selles moins de trois fois par semaine et/ou sur des selles dures, difficiles à évacuer. Lorsqu’elle dure plus de six mois, elle est considérée comme chronique.
Les critères médicaux utilisés pour parler de constipation chronique prennent aussi en compte plusieurs sensations ou difficultés. Il peut s’agir d’efforts de poussée, de l’impression que l’évacuation n’est pas complète, d’une sensation de blocage au niveau du rectum ou du recours à des manœuvres pour faciliter la sortie des selles.
La fréquence ne résume donc pas tout. Une personne peut aller à la selle plusieurs fois dans la semaine tout en ayant des selles très dures, des efforts importants ou l’impression de ne jamais être soulagée. À l’inverse, des selles peu fréquentes mais habituelles et faciles à évacuer ne correspondent pas forcément à une constipation.
Les signes les plus courants sont :
- des selles espacées ;
- des selles dures ou en petites quantités ;
- des efforts importants pour aller à la selle ;
- une sensation d’évacuation incomplète ;
- une impression de blocage ;
- une gêne abdominale ou une sensation de ventre tendu.
La constipation peut favoriser des ballonnements. Si votre gêne principale est un abdomen gonflé après les repas ou au fil de la journée, notre article sur le ventre gonflé et les ballonnements peut vous aider à distinguer les situations.
Quelles peuvent être les causes chez l’adulte ?
La constipation peut être occasionnelle. Elle peut survenir lors d’un changement de rythme, de repas, de déplacement ou lorsque l’on retient régulièrement l’envie d’aller à la selle. Elle peut aussi s’installer progressivement, sans cause évidente au premier abord.
Chez certaines personnes, elle est liée à un transit naturellement plus lent. Chez d’autres, la difficulté concerne surtout l’évacuation des selles au niveau du rectum. Ces situations ne se prennent pas en charge exactement de la même manière, d’où l’intérêt de décrire précisément ce que vous ressentez.
L’âge peut aussi jouer : la constipation est plus fréquente avec l’avancée en âge. Elle peut également être favorisée par certains médicaments ou accompagner une autre maladie. C’est pourquoi il est utile de faire le point avec un médecin ou un pharmacien si le problème est nouveau, durable ou gênant. N’arrêtez pas un traitement prescrit de vous-même.
Les causes possibles sont variées :
- un changement d’habitudes ou un manque de temps pour aller aux toilettes ;
- le fait de retenir régulièrement l’envie d’aller à la selle ;
- une alimentation pauvre en fibres ;
- une baisse d’activité dans la vie quotidienne ;
- certains médicaments ;
- un trouble du transit ou de l’évacuation ;
- plus rarement, une cause nécessitant des examens médicaux.
Le médecin cherchera surtout à savoir quand les symptômes ont commencé, comment ils évoluent et s’ils s’accompagnent d’autres signes. Ces éléments sont souvent plus utiles qu’une description isolée de la fréquence des selles.
Que peut-on essayer avant de consulter ?
Quand il n’y a pas de signe d’alerte, quelques ajustements peuvent être discutés et mis en place progressivement. L’objectif n’est pas de forcer le transit, mais de retrouver un confort plus régulier et d’éviter que les difficultés ne s’installent.
Les fibres alimentaires peuvent aider certaines personnes. La Société nationale française de gastro-entérologie, ou SNFGE, recommande de les augmenter progressivement afin de limiter les flatulences et les ballonnements. Ses documents évoquent des repères différents selon la publication : il est donc plus prudent de retenir l’idée d’une progression adaptée plutôt qu’un objectif identique pour tout le monde.
Une augmentation trop rapide peut en effet accentuer l’inconfort digestif chez certaines personnes. Si votre ventre est déjà très gonflé, douloureux ou sensible, demandez conseil avant de modifier brutalement votre alimentation.
L’eau et l’activité physique sont utiles au bien-être général. La SNFGE précise toutefois qu’il ne faut pas leur attribuer à elles seules une efficacité certaine sur toutes les constipations. Boire davantage ne suffit donc pas nécessairement à résoudre le problème, notamment lorsqu’il existe une difficulté d’évacuation ou une autre cause associée.
Vous pouvez notamment :
- respecter l’envie d’aller à la selle plutôt que la retenir ;
- prendre le temps nécessaire, sans pousser de façon prolongée ;
- augmenter les aliments riches en fibres de manière progressive ;
- maintenir une activité adaptée à vos possibilités ;
- noter les changements récents dans vos habitudes ou vos traitements ;
- parler de vos traitements habituels à un professionnel si la constipation est apparue après leur introduction.
Si des brûlures remontent vers la poitrine ou la gorge en même temps que vos troubles digestifs, il peut s’agir d’un reflux, qui ne correspond pas à la même situation et mérite d’être décrit précisément en consultation.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Le choix d’un traitement dépend du type de constipation, de son ancienneté, de vos autres symptômes et de vos traitements habituels. Un laxatif n’est pas toujours la première réponse, et tous ne fonctionnent pas de la même façon.
Selon la SNFGE, les laxatifs osmotiques, dont le macrogol, font partie des options de première intention. Dans son conseil de pratique, ils sont décrits comme plus efficaces que le lactulose, avec moins d’effets indésirables. Les laxatifs de lest, tels que le psyllium ou l’ispaghul, peuvent aussi être proposés.
Lorsqu’il existe surtout une difficulté d’évacuation, des traitements rectaux, comme des lavements ou des suppositoires, peuvent être envisagés par un professionnel. Leur place dépend de la situation : il ne s’agit pas d’une réponse universelle à toute constipation.
D’autres familles sont parfois utilisées en seconde intention. Les laxatifs stimulants peuvent provoquer des douleurs abdominales ou de la diarrhée. Leur efficacité à long terme n’est pas documentée dans le conseil de pratique de la SNFGE. Il est donc important de ne pas banaliser leur utilisation répétée et de demander conseil avant de les employer. Les repères généraux sur l’usage des médicaments sont rassemblés dans notre dossier médicaments : bon usage.
| Type d’approche | Dans quelles situations elle peut être discutée | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Mesures d’habitudes de vie | Constipation simple, sans signe d’alerte | Les changements doivent être progressifs |
| Laxatifs de lest | Certains troubles du transit | Ils peuvent augmenter les gaz ou les ballonnements |
| Laxatifs osmotiques | Constipation nécessitant un traitement médicamenteux | Le choix doit tenir compte de votre situation |
| Traitements rectaux | Difficulté surtout liée à l’évacuation | À utiliser avec l’avis d’un professionnel |
| Laxatifs stimulants | Certaines situations après échec d’autres options | Risque de diarrhée et de douleurs abdominales |
Ne choisissez pas un traitement uniquement parce qu’il a aidé un proche. Demandez conseil à votre pharmacien ou consultez votre médecin, surtout si la constipation est récente, récurrente ou associée à d’autres symptômes. Vous pouvez retrouver les éléments médicaux détaillés dans le conseil de pratique de la SNFGE sur la constipation.
Quand consulter pour une constipation ?
Une constipation inhabituelle, durable ou mal vécue mérite d’être abordée avec un professionnel de santé. C’est particulièrement important si elle apparaît après un changement notable de votre état général ou si elle s’accompagne d’autres symptômes digestifs.
Surveiller et attendre
- Constipation ponctuelle sans douleur importante
- Amélioration progressive avec le retour aux habitudes habituelles
Consulter vite, sous 24 à 48 h
- Constipation nouvelle ou persistante, surtout avec fatigue inhabituelle, fièvre, perte d'appétit ou amaigrissement inexpliqué
- Sang ou glaires dans les selles
Urgence : appeler le 15 ou le 112
- Douleur abdominale intense avec aggravation rapide de l'état général
Le médecin recherchera les circonstances d’apparition, les symptômes associés et vos antécédents. Selon la situation, il pourra proposer des examens. Une coloscopie peut notamment être envisagée lorsque la constipation survient après 50 ans ou en présence d’antécédents personnels ou familiaux de polypes ou de cancer colorectal.
La consultation permet aussi de ne pas confondre une constipation simple avec un autre trouble digestif. Mentionnez notamment tout changement de vos selles, une baisse d’appétit, une fatigue inhabituelle, une fièvre ou une douleur qui ne ressemble pas à votre gêne habituelle.
Faut-il craindre un fécalome ou une autre complication ?
Une constipation durable peut parfois entraîner une accumulation importante de selles dans le rectum, appelée fécalome. Cette situation demande une prise en charge médicale. Chaque situation doit être évaluée individuellement.
Du sang dans les selles n’est pas un symptôme à attribuer automatiquement à la constipation. Il peut parfois être lié à l’effort ou à une irritation, mais il reste un signe d’alerte qui justifie une consultation. De même, des glaires dans les selles, une fièvre, une fatigue excessive ou un amaigrissement inexpliqué ne doivent pas être banalisés.
La constipation récente ne doit pas faire attendre un dépistage organisé du cancer colorectal. Ce dépistage concerne les personnes sans symptôme ni antécédent particulier, à partir de 50 ans et jusqu’à 74 ans inclus. En présence de symptômes, consultez. Les informations officielles sont disponibles sur santé.fr.
Il est également préférable de consulter si les troubles digestifs changent nettement. Par exemple, une douleur située plutôt sous les côtes à droite après les repas n’évoque pas la même cause qu’une constipation : notre article sur les calculs biliaires explique les signes qui peuvent orienter vers cette autre situation.
Ce qu’il faut retenir
La constipation se reconnaît par des selles rares, dures ou difficiles à évacuer, souvent associées à une sensation d’inconfort, de blocage ou d’évacuation incomplète. Une constipation ponctuelle peut parfois s’améliorer avec des habitudes plus régulières et une augmentation progressive des fibres.
Boire davantage ou bouger plus peut contribuer au bien-être général, mais cela ne règle pas toutes les situations. Si les symptômes persistent, reviennent souvent ou changent votre quotidien, consultez. Un médecin ou un pharmacien pourra vérifier les causes possibles et proposer une prise en charge adaptée.
Ne modifiez pas seul un traitement prescrit si vous pensez qu’il favorise votre constipation. En cas de douleur abdominale intense ou d’aggravation rapide de l’état général, appelez le 15 ou le 112.
Les questions qu'on nous pose souvent
À partir de quand parle-t-on de constipation ?
On parle notamment de constipation lorsque les selles sont peu fréquentes, dures ou difficiles à évacuer. La fréquence seule ne suffit pas : l'effort, la sensation de blocage ou d'évacuation incomplète comptent aussi.
La constipation peut-elle donner mal au ventre ?
Elle peut s'accompagner d'une gêne abdominale, de ballonnements ou d'une sensation de ventre plein. Une douleur abdominale intense demande en revanche un avis médical rapide.
Boire davantage suffit-il à traiter la constipation ?
L'hydratation est utile au bien-être général, mais boire davantage ne traite pas à elle seule toutes les constipations. La cause et les symptômes doivent être pris en compte.
Peut-on prendre des laxatifs sans avis médical ?
Un pharmacien peut aider à choisir une solution adaptée à une situation simple et ponctuelle. En cas de symptômes inhabituels, persistants ou inquiétants, consultez avant de vous traiter seul.
La constipation récente doit-elle inquiéter ?
Une constipation récente peut avoir de nombreuses causes. Si elle s'accompagne de sang dans les selles, de fièvre, d'amaigrissement, d'une grande fatigue ou de douleurs fortes, consultez sans attendre.
Faut-il faire une coloscopie en cas de constipation ?
Cet examen n'est pas systématique. Il peut être envisagé par un médecin selon l'âge, les antécédents et les signes associés, afin de rechercher une cause organique.