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Jeune femme adulte élégante assise face à une professionnelle de santé lors d'une consultation de prévention
Une consultation permet de parler simplement du dépistage, de la vaccination et d'une lésion intime.

HPV et verrues génitales : que faire, se faire dépister, se vacciner ?

Les papillomavirus humains peuvent provoquer des verrues génitales ou, plus rarement, des lésions pouvant évoluer vers un cancer. Dépistage du col et vaccination ont des rôles complémentaires.

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Les papillomavirus humains, ou HPV, sont très fréquents. Ils peuvent ne donner aucun signe, provoquer des verrues génitales ou, plus rarement, entraîner des lésions qui nécessitent un suivi. La plupart des infections sont transitoires. Le dépistage du cancer du col de l’utérus et la vaccination sont deux protections complémentaires. Si vous remarquez une lésion sur la vulve, le pénis, l’anus ou autour de ces zones, consultez pour la faire examiner.

Qu’est-ce que le HPV et pourquoi est-il si fréquent ?

Le HPV, pour papillomavirus humain, désigne une famille de virus. Il se transmet lors de contacts sexuels. Une infection peut concerner toutes les personnes sexuellement actives, quel que soit leur genre.

Selon la Haute Autorité de santé (HAS), près de 80 % des personnes sexuellement actives rencontrent un HPV au cours de leur vie. Dans la plupart des cas, l’infection est transitoire. Elle persiste dans 5 à 10 % des cas, et peut alors favoriser des lésions précancéreuses ou certains cancers.

Une infection à HPV peut passer inaperçue. Une personne peut donc avoir été en contact avec le virus sans le savoir. Cela ne permet pas de dater l’infection ni d’en déduire la situation d’un partenaire.

Il existe différents HPV. Certains peuvent être associés à des cancers, notamment au cancer du col de l’utérus. D’autres peuvent être impliqués dans les condylomes, le terme médical pour les verrues ano-génitales. Ces lésions sont bénignes, mais elles peuvent être douloureuses ou gênantes.

La prévention ne repose pas sur une seule mesure. Elle associe notamment :

  • la vaccination HPV ;
  • le dépistage du cancer du col de l’utérus ;
  • une consultation lorsqu’une lésion intime apparaît ;
  • un échange avec un professionnel de santé en cas de question sur sa santé sexuelle.

Pour mieux situer les examens liés à la santé gynécologique et à la contraception, vous pouvez aussi consulter notre dossier sur la santé des femmes.

À quoi ressemblent les verrues génitales ?

Les condylomes sont des lésions de la peau ou des muqueuses de la région génitale et de l’anus. Santé.fr les décrit comme bénins, mais ils peuvent être douloureux. Ils peuvent se situer sur la vulve, le pénis, l’anus ou les zones proches.

Leur aspect peut varier. Une excroissance, une petite zone rugueuse, une lésion en relief ou plusieurs lésions regroupées peuvent faire évoquer un condylome. Mais d’autres problèmes de peau ou de muqueuse peuvent ressembler à une verrue. Seul un examen médical permet de préciser de quoi il s’agit.

Une lésion intime n’est pas forcément liée au HPV. Une irritation, une infection locale ou une autre affection peuvent aussi être en cause. Évitez de vous traiter seul ou d’appliquer un produit non prévu pour cette zone. Consultez un médecin, une sage-femme ou un autre professionnel de santé compétent pour cet examen.

Les condylomes ne doivent pas être confondus avec le dépistage du cancer du col. Une verrue génitale se voit parfois à l’examen clinique. Le dépistage du col recherche, lui, des infections ou des lésions au niveau du col de l’utérus.

Professionnelle de santé échangeant avec une patiente assise dans un espace de consultation
Parler d'une lésion intime tôt permet d'obtenir un examen adapté sans rester seul avec son inquiétude.

Comment se déroule le dépistage du cancer du col ?

Le dépistage concerne le cancer du col de l’utérus. Il ne permet pas de rechercher toutes les infections sexuellement transmissibles ni de diagnostiquer une verrue génitale. Il consiste en un prélèvement au niveau du col.

Le suivi recommandé dépend de l’âge et des résultats précédents. Chez les personnes de 25 à 29 ans, l’examen cytologique, aussi appelé frottis, est proposé tous les trois ans après deux tests normaux réalisés à un an d’intervalle. De 30 à 65 ans, le test HPV à haut risque remplace la cytologie : il est réalisé trois ans après la dernière cytologie normale, puis tous les cinq ans jusqu’à 65 ans.

Âge concerné Examen de dépistage Rythme indiqué lorsque les résultats sont normaux
De 25 à 29 ans Examen cytologique Tous les trois ans après deux tests normaux à un an d’intervalle
De 30 à 65 ans Test HPV à haut risque Trois ans après la dernière cytologie normale, puis tous les cinq ans
À tout âge Consultation pour une lésion ou un symptôme Sans attendre le prochain dépistage programmé

Le prélèvement peut être réalisé par un gynécologue, un médecin généraliste ou une sage-femme. Les modalités peuvent aussi être adaptées à votre histoire médicale et à vos résultats. Consultez pour savoir quel examen est approprié dans votre cas.

La HAS détaille les modalités du dépistage du cancer du col de l’utérus. Un résultat qui nécessite un contrôle ne signifie pas automatiquement un cancer. Il indique qu’un suivi complémentaire est nécessaire.

La vaccination HPV est-elle utile si l’on a déjà eu des rapports ?

Oui, la vaccination HPV peut être discutée même après le début de la vie sexuelle. La HAS recommande la vaccination chez les filles et les garçons de 11 à 14 ans révolus. Elle recommande désormais d’élargir le rattrapage à tous les jeunes adultes jusqu’à 26 ans révolus. La priorité reste la vaccination entre 11 et 14 ans.

Le schéma comporte deux doses entre 11 et 14 ans, avec au moins six mois d’intervalle. De 15 à 26 ans révolus, il comporte trois doses en moins d’un an. Le professionnel de santé vérifie le schéma utile selon l’âge et les vaccinations déjà réalisées.

Depuis la rentrée 2023, les élèves de 5e peuvent être vaccinés au collège avec une autorisation parentale. Cette vaccination y est gratuite.

La vaccination protège contre des HPV impliqués dans des cancers et couvre également les verrues ano-génitales. Selon l’Institut national du cancer, elle prévient jusqu’à 90 % des infections à HPV à l’origine des cancers. Elle ne remplace pas le dépistage du col : même vaccinée, une personne concernée doit suivre le programme de dépistage.

Vous pouvez retrouver les informations de référence de l’Institut national du cancer sur la vaccination contre les cancers HPV.

La vaccination peut s’intégrer à une consultation plus large sur la prévention et la contraception. Si vous prenez une contraception hormonale, notre article sur la pilule Leeloo et la contraception explique l’intérêt de revoir régulièrement ses questions avec un professionnel.

Femme adulte souriante échangeant avec une pharmacienne en blouse blanche au sujet de la vaccination, une brochure de prévention posée entre elles
La vaccination HPV peut être abordée avec un professionnel de santé, en famille ou dans le cadre scolaire.

Une verrue génitale signifie-t-elle que l’on a un cancer ?

Non. Les condylomes sont des lésions bénignes. Ils ne sont pas synonymes de cancer. En revanche, certaines infections persistantes par d’autres HPV peuvent être à l’origine de lésions précancéreuses ou de cancers. C’est l’une des raisons pour lesquelles le dépistage et la vaccination sont importants.

En France, la HAS indique que les HPV sont associés chaque année à environ 6 400 nouveaux cas de cancer, 35 000 lésions précancéreuses et environ 100 000 cas de condylomes ano-génitaux. Ces données rappellent que les HPV peuvent avoir des conséquences différentes selon le type de virus et son évolution.

La découverte d’une verrue peut être source de gêne, de peur ou de questions dans le couple. Ces réactions sont compréhensibles. Une consultation permet de confirmer le diagnostic, de parler des options de prise en charge et d’aborder les mesures de prévention sans jugement.

N’attendez pas un résultat de dépistage programmé si vous avez une lésion visible, une douleur ou une gêne intime. Le dépistage du col et l’examen d’un symptôme répondent à deux situations différentes. Pour savoir quand un signe inhabituel justifie un rendez-vous rapide, notre repère quand consulter pour un symptôme donne une première orientation.

Quand consulter pour une lésion génitale ou une question sur le HPV ?

Rassurant, à noter pour la prochaine consultation

  • Question sur votre vaccination HPV ou votre suivi de dépistage
  • Absence de symptôme avec souhait de faire le point sur la prévention

Contacter sa sage-femme ou son médecin sous 24 h

  • Nouvelle lésion, excroissance, douleur ou gêne dans la région génitale ou anale

Urgence : appeler le 15 ou le 112

  • Malaise, douleur très intense ou état général qui se dégrade rapidement

Si vous avez des pertes, des démangeaisons ou une irritation, plusieurs causes sont possibles. Notre article sur la vaginite : causes et traitements aide à distinguer les situations qui nécessitent un examen, sans remplacer une consultation.

Ce qu’il faut retenir

Les HPV sont très fréquents et l’infection est le plus souvent transitoire. Une verrue génitale, ou condylome, est une lésion bénigne, mais elle doit être examinée pour confirmer son origine et choisir une prise en charge adaptée.

Le dépistage du cancer du col de l’utérus recherche certaines infections ou lésions du col. Il complète la vaccination, sans la remplacer. La vaccination HPV est recommandée chez les filles et les garçons, avec un rattrapage que la HAS recommande désormais pour tous les jeunes adultes jusqu’à 26 ans révolus.

Enfin, une lésion intime ne permet pas de tirer seul des conclusions sur son origine ni sur sa date d’apparition. Consultez : un échange et un examen permettent d’avancer avec des informations fiables et adaptées à votre situation.

Les questions qu'on nous pose souvent

Peut-on avoir un HPV sans le savoir ?

Oui, une infection à HPV peut passer inaperçue, et elle est le plus souvent transitoire. Le dépistage du cancer du col permet de repérer certaines infections ou lésions nécessitant un suivi.

Les verrues génitales sont-elles forcément un cancer ?

Non. Les condylomes, aussi appelés verrues ano-génitales, sont des lésions bénignes de la peau ou des muqueuses. Elles doivent néanmoins être examinées afin de confirmer leur nature et de discuter de leur prise en charge.

La vaccination HPV concerne-t-elle aussi les garçons ?

Oui. La vaccination HPV est recommandée chez les filles et les garçons. La HAS recommande aussi un rattrapage vaccinal élargi à tous les jeunes adultes jusqu'à 26 ans révolus.

Faut-il faire un dépistage du col après une vaccination HPV ?

Oui. La vaccination ne remplace pas le dépistage du cancer du col de l'utérus. Ces deux mesures de prévention sont complémentaires.

Qui peut réaliser le prélèvement de dépistage du col ?

Le prélèvement peut être réalisé par un gynécologue, un médecin généraliste ou une sage-femme. Consultez pour savoir quel suivi correspond à votre situation.

Une verrue génitale peut-elle revenir ?

Seul un professionnel de santé peut dire si une lésion qui réapparaît est bien un condylome. Toute nouvelle lésion doit être examinée : c'est lors de cette consultation que la prise en charge et le suivi adaptés à votre situation sont expliqués.

Où vérifier ces informations ?

  1. HAS — Papillomavirus HPV : le rattrapage vaccinal recommandé chez les femmes et les hommes jusqu'à 26 ans révolus
  2. Institut national du cancer — Vaccination contre les cancers HPV
  3. HAS — Dépistage du cancer du col de l'utérus
  4. Santé.fr — Vaccination contre les cancers HPV