
Comment détecter une grossesse sous un stérilet hormonal ?
Une grossesse sous stérilet hormonal reste possible, et l'absence de règles ne suffit pas à la reconnaître. Cet article explique les signes, le test à faire, le risque de grossesse extra-utérine et les situations d'urgence, d'après l'ANSM.
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Oui, une grossesse sous stérilet hormonal reste possible, même si elle est rare. Et comme ce stérilet peut réduire les règles, voire les arrêter, l’absence de règles ne suffit pas à la repérer. Face à un doute, le plus sûr est de faire un test de grossesse, puis d’en parler vite à un médecin ou à une sage-femme, surtout en cas de douleur au bas-ventre.
Cet article s’adresse aux femmes qui portent un stérilet hormonal et se posent une question : « Et si j’étais enceinte ? » Il explique quels signes comptent vraiment, quel réflexe adopter, pourquoi une grossesse hors de l’utérus doit toujours être écartée et à quel moment il ne faut plus attendre. Pour replacer ce mode de contraception parmi les autres, le guide sur la santé des femmes donne une vue d’ensemble.
Comment fonctionne un stérilet hormonal ?
Un stérilet, appelé aussi dispositif intra-utérin (DIU), est un petit objet placé dans l’utérus par un professionnel de santé. Le DIU hormonal libère en continu une hormone de la famille des progestatifs, le lévonorgestrel. D’après l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé), cette hormone épaissit la glaire du col de l’utérus, ce qui gêne le passage des spermatozoïdes, et agit sur la muqueuse de l’utérus, l’endomètre.
Cette action sur l’endomètre a une conséquence très concrète : les règles peuvent devenir plus légères ou s’arrêter complètement. Ce n’est pas un signe de mauvais fonctionnement, c’est un effet connu de ce type de stérilet. C’est aussi ce qui rend la question de la grossesse plus délicate, puisque le signal le plus familier, le retard de règles, perd de sa valeur.
Pour qu’il protège dès la pose, l’ANSM indique que le stérilet hormonal se place de préférence dans les 7 jours qui suivent le début des règles. Dans les autres cas, le professionnel s’assure d’abord qu’il n’y a pas de grossesse, et une contraception avec barrière (préservatif) est prévue pendant 7 jours. Une grossesse en cours est d’ailleurs une contre-indication à la pose.
Pourquoi est-il difficile de repérer une grossesse sous stérilet hormonal ?
La difficulté vient de la ressemblance entre deux situations opposées. Sans grossesse, un stérilet hormonal peut déjà supprimer les règles. Avec une grossesse, les règles s’arrêtent aussi. Dans les deux cas, le calendrier ne dit donc plus grand-chose.
Les signes d’une grossesse sous stérilet sont les mêmes que chez une femme qui n’en porte pas. Il faut surtout y penser quand plusieurs éléments s’ajoutent, ou quand quelque chose change par rapport à votre habitude. Le tableau suivant aide à s’y retrouver, sans remplacer un test ni un avis médical.
| Ce que vous remarquez | Ce que cela peut signifier | Que faire |
|---|---|---|
| Règles absentes depuis la pose, sans autre changement | Un effet connu du stérilet hormonal | En parler à l’occasion du contrôle, sans urgence |
| Règles qui disparaissent après des cycles réguliers | Une grossesse, un effet du stérilet ou un autre trouble | Faire un test de grossesse et consulter |
| Nausées, seins tendus, fatigue inhabituelle | Des signes fréquents de grossesse, mais non spécifiques | Faire un test de grossesse |
| Douleur du bas-ventre, saignements inhabituels | Une grossesse extra-utérine, une expulsion du stérilet ou un autre problème | Consulter très rapidement |
Pour mieux comprendre ce que veut dire une absence de règles et ses autres causes, l’article sur l’absence de règles détaille les situations les plus courantes.
Que faire en cas de doute : le test, puis qui consulter ?
Le premier réflexe est simple : faire un test de grossesse. Il se fait chez soi et donne une première indication. Un résultat négatif avec des signes qui persistent mérite quand même un avis : un test peut être refait ou complété par une prise de sang, sur prescription.
Si le test est positif, il faut consulter rapidement, quel que soit le stade supposé. Le but n’est pas de s’alarmer : c’est de savoir où se trouve la grossesse. Selon l’ANSM, la conduite en cas de grossesse sous stérilet passe par une consultation rapide, avec en général une échographie, qui permet de localiser la grossesse (dans l’utérus ou ailleurs) et de vérifier la position du stérilet. La suite dépend de ce que montre cet examen.
Votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme peuvent vous recevoir. La date probable de début de grossesse se calcule ensuite à partir de vos dernières règles et des mesures de l’échographie, comme l’explique l’article sur le calcul de la date d’accouchement.
Trois erreurs à éviter :
- retirer soi-même le stérilet ou tirer sur les fils ;
- attendre « le prochain cycle » alors que les règles ne reviennent pas et que des signes s’ajoutent ;
- se rassurer parce que « le stérilet protège », sans test.
Qu’est-ce qu’une grossesse extra-utérine, et pourquoi y penser ?
Une grossesse extra-utérine (GEU) se produit quand l’œuf fécondé se fixe hors de l’utérus, le plus souvent dans une trompe. Selon l’ANSM, c’est une urgence gynécologique : elle peut provoquer une rupture et une hémorragie interne. Elle doit être prise en charge sans tarder.
L’ANSM cite la grossesse extra-utérine parmi les effets indésirables moins courants du stérilet hormonal, avec les infections génitales hautes et la perforation de l’utérus. Cela ne veut pas dire que toute grossesse sous stérilet est extra-utérine : beaucoup se développent dans l’utérus. Mais comme on ne peut pas le savoir sans examen, on y pense toujours en premier.
Les signes d’alerte d’une GEU, selon l’ANSM, sont les suivants :
- des règles en retard, un doute sur une grossesse ou un test positif ;
- des douleurs du bas-ventre, souvent d’un seul côté, parfois intenses ;
- des saignements vaginaux.
Devant cette association, l’ANSM demande de consulter très rapidement un médecin ou une sage-femme. Une douleur très forte, un malaise ou une pâleur soudaine changent la donne : voir plus bas la jauge « Quand consulter ».
Jaydess : que dit l’alerte de l’ANSM ?
Un stérilet hormonal en particulier fait l’objet d’une alerte : Jaydess. Publiée le 27 novembre 2025, la mise au point de l’ANSM s’appuie sur l’étude EPI-PHARE, parue le 25 novembre 2025 dans la revue NEJM Evidence. Elle confirme que le risque de grossesse extra-utérine est 2 à 3 fois supérieur avec Jaydess qu’avec les autres stérilets, mais très inférieur à celui des femmes sans contraception.
Deux précisions comptent pour les femmes concernées. D’une part, Jaydess n’est plus commercialisé en France : le fabricant, Bayer, en a arrêté la commercialisation en novembre 2024, et des stocks peuvent subsister en pharmacie jusqu’en février 2027. D’autre part, l’ANSM précise qu’il n’y a pas lieu de le retirer, sauf si vous le demandez ou en cas de grossesse. Si vous portez ce stérilet, vous n’avez donc pas à vous précipiter pour le faire enlever, mais il est utile d’en parler lors de votre prochain contrôle.
Pour les autres stérilets hormonaux, les données d’efficacité figurent dans la notice du stérilet que l’on porte ; votre médecin ou votre sage-femme peut vous les expliquer.
Pourquoi le contrôle du stérilet est-il utile ?
L’ANSM indique une visite de contrôle 4 à 6 semaines après la pose, puis au moins une fois par an. Ce rendez-vous sert à vérifier que le stérilet est toujours bien en place et que vous le tolérez. C’est aussi le moment de signaler une absence de règles, des douleurs, des saignements inattendus ou un doute sur une grossesse.
Autre signal à connaître : l’expulsion du stérilet. Selon l’ANSM, une gêne, des saignements ou des douleurs inexpliqués, ou un changement de longueur des fils, imposent un rendez-vous rapide, et une contraception avec barrière en attendant. Si le stérilet a bougé ou est sorti, la protection n’est plus assurée, ce qui peut conduire à une grossesse sans qu’on s’en soit aperçu.
Dans ce type de situation, la bonne attitude est de ne pas rester seule avec le doute. Un test, puis un avis, lèvent la plupart des inquiétudes. Le cas échéant, l’échange avec la régulation médicale du 15 explique comment se passe un appel en cas de douleur inquiétante.
Quand consulter en cas de doute sous stérilet hormonal ?
Voici des repères généraux. Ils ne remplacent pas l’avis d’un professionnel, et en cas de doute sur un signe brutal ou intense, c’est le 15 ou le 112.
Rassurant, à noter pour la prochaine consultation
- Des règles plus légères ou absentes depuis la pose, sans autre signe
- Une question sur le fonctionnement du stérilet ou sur sa durée de vie
- Le contrôle de suivi qui approche
Contacter sa sage-femme ou son médecin sous 24 h
- Un test de grossesse positif, même sans aucun symptôme
- Des règles qui disparaissent alors qu'elles étaient régulières, avec nausées ou seins tendus
- Une gêne, des saignements inexpliqués ou des fils qui semblent changés
- Un doute sur une expulsion du stérilet
Urgence : appeler le 15 ou le 112
- Une douleur du bas-ventre intense ou qui s'aggrave, surtout d'un seul côté
- Des saignements vaginaux avec douleur, vertiges ou malaise
- Un test positif ou un retard de règles associé à une douleur forte
- Une pâleur soudaine, une sueur froide ou une perte de connaissance
Ce qu’il faut retenir
- Une grossesse sous stérilet hormonal est rare, mais elle reste possible : le stérilet réduit le risque sans l’annuler.
- Le stérilet hormonal peut diminuer ou supprimer les règles : leur absence seule n’est donc pas un signal fiable.
- Au moindre doute, faites un test de grossesse, puis consultez rapidement pour un examen, en général une échographie, qui localise la grossesse.
- Une douleur du bas-ventre, d’un côté, avec ou sans saignements, impose un avis très rapide : c’est le tableau d’une possible grossesse extra-utérine.
- Ne retirez jamais votre stérilet vous-même : la décision revient au professionnel de santé, après examen.
- Le stérilet Jaydess n’est plus commercialisé, et l’ANSM confirme un risque de grossesse extra-utérine 2 à 3 fois supérieur à celui des autres stérilets, sans pour autant demander de le retirer sans raison.
Cet article donne des repères généraux. Pour votre situation personnelle, c’est votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme qui peut vous répondre.
Les questions qu'on nous pose souvent
Peut-on tomber enceinte avec un stérilet hormonal ?
C'est rare, mais ce n'est pas impossible. Le stérilet hormonal réduit fortement le risque de grossesse sans le supprimer totalement. Si vos règles manquent ou si des signes inhabituels apparaissent, faites un test de grossesse et parlez-en à un professionnel de santé.
Pourquoi l'absence de règles ne prouve-t-elle rien sous stérilet hormonal ?
Selon l'ANSM, le stérilet hormonal peut réduire les règles, voire les arrêter. Un retard ou une absence de règles est donc fréquent sans grossesse. Ce sont les autres signes, comme des nausées ou des douleurs du bas-ventre, qui doivent faire penser à un test.
Une grossesse sous stérilet est-elle forcément extra-utérine ?
Non. Une grossesse sous stérilet peut se développer dans l'utérus comme ailleurs. La grossesse extra-utérine est un effet indésirable moins courant du stérilet hormonal, mais c'est une urgence : seul un examen, le plus souvent une échographie, permet de savoir où se trouve la grossesse.
Faut-il retirer le stérilet si le test est positif ?
Ne le retirez jamais vous-même et ne tirez pas sur les fils. La conduite dépend de l'endroit où se trouve la grossesse et de son stade, et elle se décide avec un médecin ou une sage-femme après une échographie.
Le stérilet Jaydess est-il concerné par une alerte ?
Oui. L'ANSM indique que le risque de grossesse extra-utérine est 2 à 3 fois supérieur avec Jaydess qu'avec les autres stérilets, tout en restant très inférieur à celui des femmes sans contraception. Il n'est plus commercialisé en France, mais il n'est pas à retirer sans raison.
Où faire un contrôle de son stérilet ?
Chez un médecin, un gynécologue ou une sage-femme. L'ANSM indique une visite de contrôle 4 à 6 semaines après la pose, puis au moins une fois par an. C'est l'occasion de signaler un retard de règles, des douleurs ou un changement des fils.